Bruxelles envahie par les perruches

Ces oiseaux exotiques, verts et bruyants, sont aujourd’hui plus de 10.000 à survoler notre capitale. En plus de 40 ans, leur nombre a été multiplié par 250. Un phénomène unique qui est aussi une menace pour nos espèces autochtones. Explications.

Le nombre de ces oiseaux verts, présents un peu partout dans notre capitale, est en augmentation. En 2007, Bruxelles Environnement en dénombrait plus ou moins 7.000. Aujourd’hui, quelque 10.000 spécimens survolent nos communes. Et tout porte à croire que ces petites bêtes, parfois bien bruyantes, ne s’arrêteront pas en si bon chemin. “ Oui, nous remarquons une évolution et une croissance exponentielle du nombre de perruches ”, explique Olivier Beck, de Bruxelles Environnement. “ Cette évolution est d’ailleurs tout à fait exceptionnelle. Il est très rare qu’un oiseau exotique puisse s’adapter et se reproduire en milieu étranger comme l’ont fait les perruches. C’est le cas d’une espèce sur mille. ”

L’équipe d’Olivier Beck suit l’évolution des perruches à la trace depuis les années 70. En effet, c’est suite à un lâcher de perruches à collier dans l’ancien parc Meli, sur le site de Bruparc, en 1974, que les perruches se sont installées dans notre ville. En près de 40 ans, leur population est donc passée de 40 à 10.000. “ Depuis, nous les comptons régulièrement aux endroits où elles dorment. À savoir: le parc Elisabeth à Koekelberg et sur le site de l’OTAN à Evere. ” Mais ces perruches bruxelloises se trouvent aussi à Uccle sur la place d’Arrezo, au parc Tenbosch d’Ixelles ou encore au parc Josaphat à Schaerbeek.

Une menace

Outre leur côté un peu bruyant et leur jolie couleur verte, les perruches sont aussi une menace pour nos espèces autochtones. La perruche à collier, l’une des trois espèces de perruches présentes à Bruxelles, vient concurrencer nos espèces propres: elle couve dans des creux des arbres existants et prend la place des étourneaux, passereaux ou encore des chauves-souris qui s’y abritaient avant.

Faut-il dès lors agir pour diminuer le nombre de perruches Bruxelloises? “ La région prépare en ce moment un plan d’action avec diverses mesures afin d’encadrer le phénomène. Si le plan le juge utile, il faudra à l’avenir, en capturer certaines et les stériliser ou les tuer. Mais nous n’en sommes pas encore là ”, souligne Olivier Beck. À l’heure actuelle, Bruxelles Environnement tente surtout de faire de la prévention et d’expliquer au Bruxellois qu’il ne faut pas nourrir ces oiseaux exotiques. “ Et qu’il faut garder ses espèces étrangères en cage pour éviter de tels envahissements ”.

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